" Plutôt souffrir que mourir, c'est la devise des hommes." La Fontaine

" Plutôt souffrir que mourir, c'est la devise des hommes." La Fontaine
Certains jours il ne faut pas craindre de nommer les choses impossibles à décrire.
René Char
___C'est bientôt mon anniversaire. On s'en fout. Le bonheur ne réside pas dans le commencement. Il ne réside pas d'ailleurs. Nulle part. Le bonheur, on est inaptes à le saisir disait Tchekhov. On est tout juste bons à le frôler. Le frôler comme le maso frôle le regard du sadique. Sensuellement, mais inutilement. Tout ça pour dire que retourner aux origines, ça ne m'intéresse pas. L'Odyssée ou l'angoisse de la vanité d'une épopée. Se battre pour revenir au point de départ. Tout ça pour ça, en somme. Tout ça pour rien. Quand je sens Parisienne d'Yves Saint-Laurent, je me dit que c'est la fin. Et qu'en vérité, le recommencement est dans la fin. Forcément. Beckett aura ma peau. Il m'influence trop. Beaucoup trop. Je vais finir seule et alcoolique. Avec la classe et l'élégance de l'égérie de Truffaut, si possible. La déchéance serait plus enviable. Mais c'est vrai que je m'y vois déjà. A Paris ou en Irlande, qu'importe. Et je veux un tatouage aussi. Une cage ouverte au milieu du dos et un oiseau qui s'envole vers l'épaule. J'ai peur d'avoir mal. Non, en fait je m'en branle. Retour à ma folie mysanthrope : Huysmans n'est pas mort ! Oui, c'est bientôt mon anniversaire. Et quand je dis qu'on s'en fout, ce n'est pas qu'une image.

# Posté le vendredi 13 juin 2008 15:30

Modifié le dimanche 22 novembre 2009 06:57

LA FILLE – Et vingt et une heures vingt et ne viendront plus et jouons quand même et faisons semblant‚ tricheurs aux extrêmes‚ et répétons une fois de plus et là pour rien‚ sûr‚ qu'est-ce que cela fait ? – Oh là là au point où nous en sommes ! Et comme au ralenti‚ et racontons absence d'histoire et mari et amant et les fuites des hommes et mes petites anecdotes assez désopilantes – non ? Non ? Sur les goguenards des villes anciennes‚ et remplissons le temps‚ faisons semblant d'exister‚ et jouons quand même – j'en pleurerais‚ n'ai pas l'air comme ça mais en pleurerais et en pleure parfois‚ mais discrètement‚ avec lenteur et désinvolture‚ et pas plus tard qu'il y a cinq minutes‚ sans qu'on me voie‚ pleure sous maquillage et déguisement‚ et sans reniflements intempestifs‚ suis habile – et triche jusqu'aux limites de tricherie‚ et sont fort lointaines‚ ces limites-là‚ et jamais ne les épuise‚ triche jusqu'aux limites de tricherie‚ l'½il fixé sur ce trou noir où je sais qu'il n'y a personne. (Jean-Luc Lagarce, Music Hall, 1988)

LA FILLE – Et vingt et une heures vingt et ne viendront plus et jouons quand même et faisons semblant‚ tricheurs aux extrêmes‚ et répétons une fois de plus et là pour rien‚ sûr‚ qu’est-ce que cela fait ? – Oh là là au point où nous en sommes ! Et comme au ralenti‚ et racontons absence d’histoire et mari et amant et les fuites des hommes et mes petites anecdotes assez désopilantes – non ? Non ? Sur les goguenards des villes anciennes‚ et remplissons le temps‚ faisons semblant d’exister‚ et jouons quand même – j’en pleurerais‚ n’ai pas l’air comme ça mais en pleurerais et en pleure parfois‚ mais discrètement‚ avec lenteur et désinvolture‚ et pas plus tard qu’il y a cinq minutes‚ sans qu’on me voie‚ pleure sous maquillage et déguisement‚ et sans reniflements intempestifs‚ suis habile – et triche jusqu’aux limites de tricherie‚ et sont fort lointaines‚ ces limites-là‚ et jamais ne les épuise‚ triche jusqu’aux limites de tricherie‚ l’½il fixé sur ce trou noir où je sais qu’il n’y a personne. (Jean-Luc Lagarce, Music Hall, 1988)

___Aujourd'hui il a fait froid. Très froid. Assise sur mon banc fétiche, au fond de la cour du lycée, je regarde le soleil disparaître derrière de gros nuages et le vent faire danser les feuilles alcooliques. En parlant d'alcoolique, j'ai vu Fanny Ardant allumer une clope sur scène ce soir. J'en avais les larmes aux yeux. Pas de la voir fumer, bien sûr. Quoique. La pièce, si vous n'êtes pas un minimum littéraire et admirateur de figures de style, n'espérez pas l'apprécier. Elle est vide. Vide comme l'oeuvre bécketienne. Vide comme moi, là, tout de suite. Non, en fait, elle n'est pas aussi vide que moi puisqu'elle est, paradoxalement, pleine de vide. Et puis ces larmes. C'est quand même con, mais qu'est-ce qu'elle pleure bien Fanny ! Et qu'est-ce qu'elle est belle ! Sinon, j'ai appris ce matin que les rapports entre Hamm et Clov sont étrangement sadomasochistes. Logique, quand on y réfléchis de plus près. Mais tout de même... On m'a conseillé la Correspondance Passionnée qu'entretenait le génialissime Henry Miller avec la maîtresse de l'érotisme, sa copine Anaïs Nin. Le couple le plus lubrique de l'histoire littéraire dit-on. C'est pas faux. Ils deviennent intéressants lorsqu'ils s'abstiennent de parler de partouze et de cul. Ca, ça reste à prouver. Les relations anormalement normales m'éreintent : je préfère les tordus, ouais, et alors ? Et puis, me voilà officiellement inscrite pour le bac... youhou.________________________Pic : Fanny Ardant

« 138. AVANCE MASQUÉE, FRACASSE, CHANTE, AVANCE, TUE ! »

# Posté le samedi 31 mai 2008 08:42

Modifié le dimanche 22 novembre 2009 06:53

HAMM. - Tu te diras, J'ai eu tort de m'assoir, mais puisque je me suis assis je vais rester assis encore un peu, puis je me lèverai et me ferai à manger. Mais tu ne te lèveras pas et tu ne te feras pas à manger. (Un temps.) Tu regarderas le mur un peu, puis tu te diras, Je vais fermer les yeux, peut-être dormir un peu, après ça ira mieux, et tu les fermeras. Et quand tu les rouvriras il n'y aura plus de mur. (Un temps.) L'infini du vide sera autour de toi, tous les morts de tous les temps ressucités ne le combleraient pas, tu y seras comme un petit gravier au milieu de la steppe. (S. Beckett, Fin de partie, 1957)

 HAMM. - Tu te diras, J'ai eu tort de m'assoir, mais puisque je me suis assis je vais rester assis encore un peu, puis je me lèverai et me ferai à manger. Mais tu ne te lèveras pas et tu ne te feras pas à manger. (Un temps.) Tu regarderas le mur un peu, puis tu te diras, Je vais fermer les yeux, peut-être dormir un peu, après ça ira mieux, et tu les fermeras. Et quand tu les rouvriras il n'y aura plus de mur. (Un temps.) L'infini du vide sera autour de toi, tous les morts de tous les temps ressucités ne le combleraient pas, tu y seras comme un petit gravier au milieu de la steppe. (S. Beckett, Fin de partie, 1957)
Pic : Henri Pierre Picou - Venus_____________________________________________________________Alain Bashung - La nuit je mens


___Beckett était un génie. Un génie qui, tristement, n'aspirait qu'à mourir. Il était épuisé le pauvre homme. Par le pitoyable de l'espèce humaine, par l'ennui, par l'absurdité du monde dans lequel on l'avait poignardé... Il buvait, ne parlait jamais, à personne. Dans les déjeuners, il s'isolait et n'ouvrait pas la bouche. Il était capable de dégueuler des paragraphes entiers d'aberrations existentialistes. Et pourtant, il ne lisait pas les philosophes. Il entravait que dalle à la philosophie. Ca vous rassure ? Moi, oui... Célestine est géniale. Salomé, garce favorite des marchands de parfum, est efficace. Préférer l'efficacité au génie. L'érotisme des Décadents n'a rien de transcendant, ni même d'inventif. La recherche du sublime le rend lourd, chargé d'impuretés et prévisible au même titre que le mouvement des astres et les coefficients de marée (je retiens mes leçons). Toutefois, et bien que n'atteignant pas la dimension percutante des dernières scènes de Moins que zéro (Bret Easton Ellis, 1985), l'image reste esthétique, voir excitante pour bon nombre de gens faciles à contenter, et festive pour les trois cons restants. Et puis, on dit bien que le Petit Chaperon Rouge est un phallus sur pattes, alors... Mes cours de littérature sont à chier, les gens m'emmerdent toujours autant et ma prof de philo me fait pleurer. La philosophie, c'est déprimant. Le fil conducteur de l'année est un message subliminal : suicidez-vous. J'aime bien Abraham Van Helsing. Il est presque plus fascinant que Dracula lui-même. Mais c'est totalement hors sujet et inintéressant comme remarque. Je continue à regarder les gens de loin, comme des poissons dans un bocal. Sam avait raison, il tourne en rond, le peuple. Mais ça reste positif tout ça : selon le sens commun, l'observation nourrit l'art. Moi, je me demande juste jusqu'à quel point le lamentable peut servir de matrice acceptable à l'oeuvre. Il n'y a sûrement pas de limites. De tous les gros vilains fictifs, ce sont les wraiths que je préfère. Ils sont si beaux... N'importe quoi. Je vous ai dit que mes cours de littérature étaient à chier ? Dans un moment de sublime hystérie et de génie, Hamm parodie la Bible : "Léchez-vous les un les autres." Ce à quoi mon adorable et abrutie de prof aurait répondu : "Oui mais monsieur Beckett, s'aimer, c'est aussi se lécher." Juste pour le plaisir : cette phrase est suivie d'un impératif à la violence fascinante : "(Un temps. Avec violence.) Foutez-moi le camps et retournez à vos partouzes !" Sinon, traduction et onomastique : Ham = jambon = mauvais comédien - Hamm joue la comédie devant Clov ; mise en abyme. Plus sérieusement : Clov = clou de girofle. L'information est pertinante, constructive et avec un peu de chance, c'est celle qui me permettra de prouver que je suis la meilleure (si tant est que nous soyions toujours dans cette malheureuse quête de la perfection et à condition de me flageller davantage, paraît-il) A retenir donc de l'oeuvre de Beckett au programme : nombreuses références alimentaires et rapports de force inégaux (là encore, à condition de s'intéresser un tantinet au fils de Noé et aux paronymes : Clov - clou, victime de l'irrémédiable cruauté du marteau (Hamm - hammer) aveugle.) Au-delà de tout ça, et même au-delà de toute chose, je continue de croire que je suis à ma place dans cette putain de filière !

# Posté le dimanche 26 octobre 2008 12:33

Modifié le lundi 23 novembre 2009 13:53

"Je suis le roi vaincu, ma semence est salie | Le règne des enfants sera mon hallali." Jean-Etienne Favre

 "Je suis le roi vaincu, ma semence est salie | Le règne des enfants sera mon hallali." Jean-Etienne Favre
Pic : Rick Wright, et ses beaux yeux


___Je suis assise là, toute seule, au milieu de la foule compacte des fumeurs du lycée, dans le froid. Moi, je ne fume pas. Je ne parle même pas. Je les regarde tous, à distance. Je m'abstraits pour mieux les observer. En fait, le tableau dystopique est plutôt féérique. Ils me donnent la gerbe tous, avec leurs sourires, leurs traits d'humour à la con, et leur air suffisant. Pourtant, la fumée qui s'élève dessine des migrations d'âmes indiennes ou chinoises vers des corps d'animaux. On croirait voir des loups, des serpents et des aigles, dansant dans le vent glacial de ce début d'automne. Vu d'ici, on ne dirait pas que le monde est une poubelle. Une immense poubelle dont les murs suintes la médiocrité du commun et la vermine de l'amour. Cette vermine si tenace qu'elle s'accroche à vos poumons, vous lacère l'estomac et vous écorche le ventre. Cette abomination aberrante qui ne vous lâchera qu'une fois qu'elle aura aspiré le peu d'énergie que vous destiniez à la recherche du bonheur que décrit si bien T. Jefferson. Quel con celui-là ! Comme si le bonheur était à portée de mains... ou plutôt devrais-je dire à portée de gouttes, pour reprendre les termes de Favre, l'écrivain imaginaire, fils d'horloger et ami proche de MacCorlan, débauché factice lui-aussi. Parler d'amour, c'est gerbant de banalité. Je suis là à regarder tous ces abrutis et je me dis que je devrais faire comme eux. Mais je n'en ai pas la force. Ils m'emmerdent tellement. Ils me font peur surtout. Je ne veux pas devenir cette femme immonde. Aigrie, seule, bordélique, hideuse et odieuse. Alors je fais un effort. Je me lève, je m'approche de l'odiance passive qui assiste, l'air moins ahuri qu'abruti à la déchéance du monde, sans un mot. Tout le monde sourit. Je fais de même, parce que j'ai besoin d'artifice pour atteindre le vrai. Et je me dis qu'un jour, avec un peu de chance, je m'élèverai avec la fumée des clopes et les indiens métamorphosés. J'écris de plus en plus de conneries avec de moins en moins de talent et d'élégance... la faute à qui, d'abord ? Mais ne plombons pas l'ambiance : c'est tellement beau, l'horizon rougeoyant des matins d'automne. Surtout en Irlande paraît-il... Et puis, je suis une créature quelque peu torturée dans le pathos : quand je regarde un clip de Rick Wright, je pleure, immanquablement. Au fait, sur l'album Adventure de Television, il y a Days. Et ça, c'est de la bombe bébé ! Dans un autre registre, il faut souligner la perfection des journées shopping avec Blondie, des conversations avec Mimi et ma Jumelle et des calins de Mini Moi. Et puis, j'ai eu 17 à mon commentaire de texte en anglais. Passionant, je sais. Enfin, je suis toujours en quête de corbeaux pour fuire vers le Royaume-Uni avec Cynthia. Si quelqu'un sait où en trouver...

# Posté le vendredi 09 mai 2008 13:34

Modifié le lundi 23 novembre 2009 14:10

PSYCHEDELIC PSYCHOSE On a tous une Bonne Fée quelque part. J'ai revu la mienne hier. I stand neath the Marquee Moon. Bordel, ça fait drôle.

PSYCHEDELIC PSYCHOSE On a tous une Bonne Fée quelque part. J'ai revu la mienne hier. I stand neath the Marquee Moon. Bordel, ça fait drôle.

Pic : Blondie & Moi
LETTRE III
Guilleragues, Lettres portugaises, 1669

___Je ne sais ni ce que je suis, ni ce que je fais, ni ce que je désire : je suis déchirée par mille mouvements contraires. Peut-on s'imaginer un état si déplorable ? Je vous aime éperdument, et je vous ménage assez pour n'oser, peut-être, souhaiter que vous soyez agité des mêmes transports : je me tuerais, ou je mourrais de douleur sans me tuer, si j'étais assurée que vous n'avez jamais aucun repos, que votre vie n'est que trouble et qu'agitation, que vous pleurez sans cesse, et que tout vous est odieux ; je ne puis suffire à mes maux, comment pourrais-je supporter la douleur que me donneraient les vôtres, qui me seraient mille fois plus sensibles ? Cependant je ne puis aussi me résoudre à désirer que vous ne pensiez point à moi ; et à vous parler sincèrement, je suis jalouse avec fureur de tout ce qui vous donne de la joie, et qui touche votre c½ur et votre goût en France. Je ne sais pourquoi je vous écris, je vois bien que vous aurez seulement pitié de moi, et je ne veux point de votre pitié. J'ai bien du dépit contre moi-même quand je fais réflexion sur tout ce que je vous ai sacrifié : j'ai perdu ma réputation, je me suis exposée à la fureur de mes parents, à la sévérité des lois de ce pays contre les religieuses, et à votre ingratitude, qui me paraît le plus grand de tous les malheurs. Cependant je sens bien que mes remords ne sont pas véritables, que je voudrais du meilleur de mon c½ur avoir couru pour l'amour de vous de plus grands dangers, et que j'ai un plaisir funeste d'avoir hasardé ma vie et mon honneur : tout ce que j'ai de plus précieux ne devait-il pas être en votre disposition ? Et ne dois-je pas être bien aise de l'avoir employé comme j'ai fait ? Il me semble même que je ne suis guère contente ni de mes douleurs, ni de l'excès de mon amour, quoique je ne puisse, hélas ! me flatter assez pour être contente de vous. Je vis, infidèle que je suis, et je fais autant de choses pour conserver ma vie que pour la perdre. Ah ! j'en meurs de honte : mon désespoir n'est donc que dans mes lettres ? Si je vous aimais autant que je vous l'ai dit mille fois, ne serais-je pas morte il y a longtemps ? Je vous ai trompé, c'est à vous à vous plaindre de moi. Hélas ! pourquoi ne vous en plaignez-vous pas ? Je vous ai vu partir, je ne puis espérer de vous voir jamais de retour, et je respire cependant : je vous ai trahi, je vous en demande pardon. Mais ne me l'accordez pas ! Traitez-moi sévèrement ! Ne trouvez point que mes sentiments soient assez violents ! Soyez plus difficile à contenter ! Mandez-moi que vous voulez que je meure d'amour pour vous !


BONNES VACANCES.____________________________________________________________Television - Foxhole

# Posté le vendredi 08 août 2008 17:01

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 12:32

" Ecouter Unknown Pleasures, c'est comme ramper dans une bouche d'égoûts."

" Ecouter Unknown Pleasures, c'est comme ramper dans une bouche d'égoûts."

___J'ai le droi à l'erreur. Tu as le droit à l'erreur. Il a le droit à l'erreur. Nous avons le droit à l'erreur. Vous avez le droit à l'erreur. Ils ont le droit à l'erreur. Des conneries tout ça ! Parce que si ce droit était réellement ancré dans la condition humaine, il n'y aurait plus de compétition, et donc par définition, plus de société. Ma prof de philo dit que plus tard, je crèverais la dalle, comme tous les artistes. Qu'il va falloir que je mendie ou que je fasse le trottoire pour survivre. A côté de ça, elle nous lit des histoires. En gros, si vous ne réussissez pas, vous n'êtes rien. DEUTSCH - quälen : torturer. Le plus inadmissible dans tout ça vient sans doute de ce que l'erreur donne a certains d'entre nous une certaine forme de perfection. Mais finalement cette erreur, comme le crime ou toute autre catégorie d'acte absolument moral ou immoral, est-elle imprimée en moi ? Est-elle irréversiblement devenue une part intégrante de ce monde ? J'emmerde la postulat de l'immortalité de l'âme, moi ! Parce que si Kant a véritablement raison, c'est atrocement triste ! Ca voudrait dire que l'erreur s'affranchit de l'éphémère pour entrer, irrémédiablement, dans le réèl. Cette putain d'extrapolation, je la dois à ce putain de bac blanc de littérature, dont j'attends encore le résultat et qui m'empêche de dormir, de manger, de sourire, et même de respirer convenablement. Alors ce soir, pour me divertir et me détourner de ma condition d'être misérable, j'ai fais un test sur Facebook. A la question : Quelle chanson de l'album The Wall êtes-vous ?, le programme a répondu Comfortably Numb. Et oui, j'emmerde les gens aussi. Ils ne savent pas où il vont dans la rue, parlent fort, souvent pour ne rien dire... Après tout, je ne suis peut-être pas quelqu'un d'aussi adorable et extraordinaire que ça. Pourtant, je suis toujours encline à pensr positivement, dans le sens anti-philosophique du terme. J'ai le droi à l'erreur. Tu as le droit à l'erreur. Il a le droit à l'erreur. Nous avons le droit à l'erreur. Vous avez le droit à l'erreur. Ils ont le droit à l'erreur.

Pic : Tom Verlaine

# Posté le mercredi 19 mars 2008 07:47

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 08:36

La sirène baiseuse de Venice, Californie




< Raindrops keep fallin' on my head | But that doesn't mean my eyes will soon be turnin' red | Cryin's not for me ! >


___Descartes dit que Dieu existe, puisqu'on a l'idée d'un être infiniment parfait. Pascal dit que l'homme est misérable. Moi, je me sens infiniment imparfaite et misérable. Alors je cours jusqu'en philo, au deuxième étage. J'en ai marre d'être moi. Mais en même temps, si je n'étais pas moi, je n'aimerais pas autant mon éléphant. Et mon banc. Et la pluie qui va avec. Et puis, je n'aurais pas profité du théâtre ce soir. Je ne serais pas impatiente d'être assise au premier rang le 13 novembre pour voir Fanny Ardant. Music Hall, 20H30, Salle Pierre Brasseur, Parterre, Fauteuil, A11. Je ne serais pas non plus un être fini, c'est-à-dire un être fait de contrariétés. Je ne serais pas cette fille oxymorique qui aime la littérature mais s'ennuie en cours. Ce personnage composite fou à lier. DEUTSCH - verkatert sein : avoir la gueule de bois ; eine Stange Zigaretten : une cartouche de cigarettes ; ab/hauen : foutre le camp. J'en ai marre d'être moi. Je me dis que si j'étais Iman, ce serait parfait. Elle est si belle. Mais la perfection n'existe pas en dehors de l'infini. On ne rencontre pas l'infini, alors dans tous les cas, je serais un être misérable. Cynisme pascalien oblige. Il faut lire A rebours de Huysmans. Parce que l'esthète vaguement sodomite et amateur de tortues et de pierres précieuses qu'est Des Esseintes est sophistiqué et fascinant. On me demande de m'abriter quand il pleut. Un parapluie me suffirait, mais j'en ai pas. Et puis, j'aime bien voir la fumée des clopes dessiner des produits de métempsychose indienne dans le froid. Je me suis remise à la chanson française. Ferré qui adapte Baudelaire c'est sublime. La voix de Catherine Savage encore plus. On s'en fout. Je dirais bien Del (délire) à la prof de philo qui nous soutient que Dieu n'est pas une sucette. Libido Sentiendi : des trois concupiscences, c'est la libido de la chair qui fait naître les épicuriens que je préfère. Allez comprendre. Cynth', elle m'appelle Macaron. Elle dit qu'un macaron, ça grille et ça dégrille. Et moi, ben j'aime les macarons. N'importe quoi. Et puis Kim Cattrall, elle est tellement jolie. J'en ai marre d'être moi. Mais j'ai de bonnes surprises parfois.




Catherine Sauvage - Spleen __________________________________________________________ Pic : Dolores O'riordan & Don Burton
 La sirène baiseuse de Venice, Californie

# Posté le mercredi 27 février 2008 11:12

Modifié le samedi 07 novembre 2009 11:17

L'autre jour, Dieu s'ennuyait en cours de philosophie. Dieu a donc dessiné une petite viaris, c'est-à-dire, une petite souris qui viendrait d'un monde parallèle. Cette petite souris s'appelle Catherine. Elle s'inspire d'un personnage que nous nommerons Blaireau-Suisse-Gay-Drogué-Philosophe-Assagi et d'un autre... Ou plutôt, d'une autre. Une petite dame très étrange qui aime surnommer les hommes Minou et qui a, jadis, tenté de me faire adhérer à la poétique de Duras. Comme je suis une fan du don artistique de Dieu, j'ai collé Catherine dans mon agenda, à la page du 09.05, ma première soirée théâtre de l'année. En résumé, j'aime la philo, le Théâtre National de Nice, les dessins de Cynth', ceux de Dieu et nos conversations par stylos interposés sur Boule de Poils (et toutes ces putains de questions !) et autres mecs qui n'en valent décidément pas la peine... et Catherine me manque. Pic : The Creatures_________________________Texte : Pascal, Les Pensées, Fragment 43, Liasse II - Vanité

L'autre jour, Dieu s'ennuyait en cours de philosophie. Dieu a donc dessiné une petite viaris, c'est-à-dire, une petite souris qui viendrait d'un monde parallèle. Cette petite souris s'appelle Catherine. Elle s'inspire d'un personnage que nous nommerons Blaireau-Suisse-Gay-Drogué-Philosophe-Assagi et d'un autre... Ou plutôt, d'une autre. Une petite dame très étrange qui aime surnommer les hommes Minou et qui a, jadis, tenté de me faire adhérer à la poétique de Duras. Comme je suis une fan du don artistique de Dieu, j'ai collé Catherine dans mon agenda, à la page du 09.05, ma première soirée théâtre de l'année. En résumé, j'aime la philo, le Théâtre National de Nice, les dessins de Cynth', ceux de Dieu et nos conversations par stylos interposés sur Boule de Poils (et toutes ces putains de questions !) et autres mecs qui n'en valent décidément pas la peine... et Catherine me manque. Pic : The Creatures_________________________Texte : Pascal, Les Pensées, Fragment 43, Liasse II - Vanité


___Nous ne tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l'avenir, comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours, ou nous rappelons le passé pour l'arrêter et comme trop prompt, si imprudents que nous errons dans les temps qui ne sont point nôtres, et ne pensons point au seul qui nous appartient, et si vains que nous songeons à ceux qui ne sont rien, et échappons sans réflexion le seul qui subsiste. C'est que le présent d'ordinaire nous blesse. Nous le cachons à notre vue parcequ'il nous afflige, et s'il nous est agréable nous regrettons de le voir échapper. Nous tâchons de le soutenir par l'avenir, et pensons à disposer les choses qui ne sont pas en notre puissance pour un temps où nous n'avons aucune assurance d'arriver. Que chacun examine ses pensées. Il les trouvera toutes occupées au passé ou à l'avenir. Nous ne pensons presque point au présent, et si nous y pensons ce n'est que pour en prendre la lumière pour disposer de l'avenir. Le présent n'est jamais notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et nous disposant toujours à être heureux il est inévitable que nous ne le soyons jamais.

Pascal, je l'aime. Le 18 / 20 qu'il m'a vallu en bac blanc de littérature aussi, j'avoue.

# Posté le vendredi 09 mai 2008 13:19

Modifié le vendredi 13 novembre 2009 12:04