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The Doors. The Doors - The End. (The Doors)

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Création : 27/02/2008 à 06:50 Mise à jour : 30/12/2011 à 14:12

« stop making sense »


- Georges de Nottingham : I'm gonna cut your heart out with a spoon !
[...]
- Guy de Gisborne : But why a spoon, sir ?
- Georges de Nottingham : Because it's duller, you twit ! It'll hurt more !


La face recueillie, solennelle, presque auguste, elle commence la lubrique danse qui doit réveiller les sens assoupis du vieil Hérode; ses seins ondulent et, au frottement de ses colliers qui tourbillonnent, leurs bouts se dressent; sur la moiteur de sa peau les diamants, attachés, scintillent; ses bracelets, ses ceintures, ses bagues, crachent des étincelles; sur sa robe triomphale, couturée de perles, ramagée d'argent, lamée d'or, la cuirasse des orfèvreries dont chaque maille est une pierre, entre en combustion, croise des serpenteaux de feu, grouille sur la chair mate, sur la peau rose thé, ainsi que des insectes splendides aux élytres éblouissants, marbrés de carmin, ponctués de jaune aurore, diaprés de bleu d'acier, tigrés de vert paon.
[...]
Dans l'oeuvre de Gustave Moreau, conçue en dehors de toutes les données du Testament, des Esseintes voyait enfin réalisée cette Salomé, surhumaine et étrange qu'il avait rêvée. Elle n'était plus seulement la baladine qui arrache à un vieillard, par une torsion corrompue de ses reins, un cri de désir et de rut; qui rompt l'énergie, fond la volonté d'un roi, par des remous de seins, des secousses de ventre, des frissons de cuisse; elle devenait, en quelque sorte, la déité symbolique de l'indestructible Luxure, la déesse de l'immortelle Hystérie, la Beauté maudite, élue entre toutes par la catalepsie qui lui raidit les chairs et lui durcit les muscles la Bête monstrueuse, indifférente, irresponsable, insensible, empoisonnant, de même que l'Hélène antique, tout ce qui l'approche, tout ce qui la voit, tout ce qu'elle touche.

(Huysmans, A rebours, 1884)

Since I left You

Since I left You 
Stereophonics - Just Looking http://www.youtube.com/watch?v=Xy3T8FmyeE8


Début du concours : 16 avril 2012
-
This is the End beautiful friend 


Près d'un château sans châtelaine
La barque aux barcarols chantants
Sur un lac blanc et sous l'haleine
Des vents qui tremblent au printemps
Voguait cygne mourant sirène

Un jour le roi dans l'eau d'argent
Se noya puis la bouche ouverte
Il s'en revint en surnageant
Sur la rive dormir inerte
Face tournée au ciel changeant


(Apollinaire, "Chanson du Mal Aimé", II, Alcools)
  



                                                                       Florence and The Machine - Rabbit Heart : http://www.youtube.com/watch?v=7nxO-yPQesA
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#Posté le vendredi 02 mai 2008 08:41

Modifié le vendredi 30 décembre 2011 13:46

"Bousculés, meurtris, soutenus par des phrases, guidés par la faim, possédés par la morts, ils envahirent, pillèrent, conquirent chaque jour un royaume inutile que d'autres perdraient le lendemain. On les vit passer sous toutes les arches du monde, tour à tour, dans une ronde ridicule et flamboyante, déferlant ici, battus là-bas, trompés partout renvoyés sans cesse de l'Inconnu au néant, aussi contents de mourir que de vivre." (Louis-Ferdinand Céline, Semmelweis). Ce qui suit est un extrait du Parfum. A défaut d'avoir jamais adapté le magnifique Aleph. Hum.

"Bousculés, meurtris, soutenus par des phrases, guidés par la faim, possédés par la morts, ils envahirent, pillèrent, conquirent chaque jour un royaume inutile que d'autres perdraient le lendemain. On les vit passer sous toutes les arches du monde, tour à tour, dans une ronde ridicule et flamboyante, déferlant ici, battus là-bas, trompés partout renvoyés sans cesse de l'Inconnu au néant, aussi contents de mourir que de vivre." (Louis-Ferdinand Céline, Semmelweis). Ce qui suit est un extrait du Parfum. A défaut d'avoir jamais adapté le magnifique Aleph. Hum.
Comme au Cinéma...
 
___- Antoine Richis : Why did you kill my ___daughter? 
___- Jean-Baptiste Grenouille : I just ___needed her. 
___- Antoine Richis : Very well, but ___remember this... I'll be looking at you ___when you're laid on the cross and the ___twelve blows are crashing down on ___your limbs. When the crowd is finally ___tired of your screams and wandered ___home, I will climb up through your ___blood and sit beside you. I will look ___deep into your eyes... and drop by drop ___I will trickle my disgust into them like ___burning acid until... finally... you perish.
 
___Demain est le 5 septembre. Bizuths, ___tremblez devant vos maîtres !
_____________________________________
Mélanie Safka - Lay Down : http://www.youtube.com/watch?v=aZUdzr9e2GQ 
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#Posté le samedi 10 mai 2008 07:44

Modifié le dimanche 04 septembre 2011 07:01

"Elle m'embrassa : je reçu ma grâce, hélas ! sans espérance de devenir coupable" (Montesquieu, Le Temple de Gnide, 1725)

 - Mais qu'avez-vous donc contre l'Eglise ?
- Elle a massacré les Eléphants.
 
"Elle m'embrassa : je reçu ma grâce, hélas ! sans espérance de devenir coupable" (Montesquieu, Le Temple de Gnide, 1725)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pic : la magnifique Dominique Lavanant

 
John Cale - Antarctica starts Here : http://www.youtube.com/watch?v=Sbmo0MfLiBE
 
  Le peigne de Simonetta Vespucci, le cercueil de Sarah Bernhardt, le singe du beau Jean Marais, le couteau nacré de Lucrèce Borgia, l'oscar tardif de Martin Scorsese, la chemise de Fourier, le péplos d'Athéna, la tortue de des Esseintes, les trésors et autres récits de voyage de Stevenson, la métamorphose de Gregor Samsa et celle de Simon Aniel, les lunettes de Dominique Lavanant, les putes de Jean-Pierre Marielle, La Chasse à l'Homme de Molinaro, le poignet sénestre et les nixes de Muriel Cerf, l'élégie estivale de Rick Wright, le cri de Tom Verlaine, la fureur de Faulkner, les perles de Salomé, les perfusions de Richard Lloyd, le mascara de Siouxsie Sioux, la débauche du fils de Théodore Agrippa d'Aubigné, la cigarette alcoolisée de Maggie Smith, l'arsenic de Bianca Capello, le Testament poussireux de François Villon, le beret à carreaux de Michel Audiard, le grand costume de David Byrne, les robes courtes de Deborah Harry, les couleurs de Klimt, l'hôtel de Jim Morrison, la morgue de Villiers de l'Isle Adam, la honte de Messaline, les yeux mauves d'Anna Karina, les bjoux dorés de la future prof de lettres et son mythique éventail noir, les chaussettes colorées du prof de lettres actuel, la barbe de Snorri Sturluson, les rubis capillaires de Tori Amos, les lianes de Johnny Weissmuller, le mur de Roger Waters, le monocle de Paul Meurisse, les groseillers sanglants d'Apollinaire, le pistolet d'or de Roger Moore, la cicatrice de Charles Manson, les courbes de Mucha, l'Odyssée irlandaise de Joyce, l'or d'Atahualpa, la Gradhiva de Serge Gruzinski etc. L'Histoire n'est que sculpture dans la banquise d'ivoire. I am Kloot - The same deep Water as me : http://www.youtube.com/watch?v=oQhmQQZUjdo
 « Etre acteur, ce n'est pas aimer paraître. C'est au contraire aimer énormément disparaître. L'acteur bien avisé, c'est un qui s'assassine lui-même avant d'entrer ; un qui n'entre pas sur scène sans avoir marché dessus son corps, qu'il tient pour un chien mort [...] alors seulement, il peut parler. En vrai dépossédé. Comme un qui a rien. Pas un qui sait. Un dénudé qui sait juste que son corps a appris et pas plus. [...] non un qui fait mais un qui fut [...] toujours un spectre qui m'apparait. [...] c'est l'absence de l'acteur qui [me] frappe, pas sa présence. » (Valère Novarina).  
  Madame Philosophie dit que mon dernier commentaire de bizuth est trop brillant pour être de moi. Mais genre, quoi ! Et dire que toute l'année, on m'a reproché de ne pas être assez... bonne. Allez, on oublie les frustrés et autres inadaptés sociaux, et on se met aux lectures estivales. Et puis, on assiste à des concerts aussi. Voir aussi : après la prépa, les grandes écoles de cinéma. Et même qu'on pourrait tenter le CNSAD. Wouah. Je délire des fois comme ça. C'est l'effet Black Russian + Van Morrison. Bouh. Enfin... N'empêche, la classe de 812 et son mythique voyage à Vienne, ça valait bien quelques nuits blanches à disserter la fenêtre ouverte et la tasse pleine de thé au jasmin. Yeah. En octobre, John Cale est à Paris... je sens que ma carrière de khâgneuse va débuter par un séchage de cours vaguement contre-productif.
"Elle m'embrassa : je reçu ma grâce, hélas ! sans espérance de devenir coupable" (Montesquieu, Le Temple de Gnide, 1725)
 
 
Admise en Khâgne LSH.
Optante en Lettres Modernes
(et Philosophie).
Bonnes Vacances.  
 
 
 
                                                                                                                                               Pic : Madeleine Lebeau & Jean Poiret
"Elle m'embrassa : je reçu ma grâce, hélas ! sans espérance de devenir coupable" (Montesquieu, Le Temple de Gnide, 1725)
                                                                                                                                           
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#Posté le samedi 15 mars 2008 04:14

Modifié le lundi 22 août 2011 15:24

"La grâce est pesanteur" (Patrice de La Tour du Pin)

 
"La grâce est pesanteur" (Patrice de La Tour du Pin)   Pic : The Rolling Stones
  
Come loving black-browed night,
 Give me my Romeo; and when I shall die,
 Take him and cut him out in little stars,
 And he will make the face of heaven so fine,
 That all the world will be in love with night,
 And pay no worship to the garish sun.
 
Shakespeare, Romeo & Juliet, (III.2.20-25)
 
 
The Beatles - A Day in the Life : http://www.youtube.com/watch?v=P-Q9D4dcYng

    Mais quand on arrive à hauteur de l'aéroport, je fixe toute mon attention sur la glycine qui s'enroule autour des réverbères encore allumés. Je me souviens brusquement d'une drôle de petite poupée en uniforme bleu marine et talons hauts. Alors je pense à la boîte au couvercle d'agate dans laquelle elle travaillait et au soleil dans son linceul doré et à la poussière d'étoiles et aux papillons sur lesquels elle aimait écrire et aussi à tous ces avions dont elle avait si peur mais que je rêvais de piloter. Et puis je pense aux oiseaux qui chantent et aux boutons d'or ; à Audrey Hepburn et à Karajan ; à Barthes et au chocolat noir. Je pense à tous ces trucs qui ne parlent qu'à moi et qui emmerdent le monde. Sur ma droite, je vois d'immenses boîtes de cristal posées sur un vaste plateau noir perlé. Novalis et éloignement infini du monde des fleurs : les débuts de journée ont quelque chose de morne et triste que rien n'apaise si ce n'est peut être l'idée d'un lendemain sans aéroport et sans inhumation brutale du soleil. 
    "En vain vous espérez qu'un dieu vous le rende, | Et l'avare Achéron ne lâche point sa proie." (Racine, Phèdre, II, 5)
    Des sphères rougeoyantes flottent au-dessus de la mer irisée. Elles colorent les gouttes d'eau qui coulent sur les vitres et les yeux de ma petite poupée qui marche sur l'eau. Elles illuminent toute une série d'immeubles aux toits rosés. Elles dessinent des blocs massifs et irréguliers de béton armé portés par des mains de sirènes sur le ciel pâle et breughélien qui recouvre les jardins imaginaires. Ce ciel qui supporte les mondes de feu comme les plafonds viennois supportent les lustres en verre de Murano. Quittant les toits qui flottent et qui s'effondrent, les sylphides de marbre à queue de poisson glissent sur l'altitude de l'immense émeraude calmement liquide dont les lustres, sortis de leurs linceuls de saints, distillent les effluves salées.   
    "Le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange." (Musset)
    Sur la route, on croit voir de part et d'autre des lignes blanches, des étoiles venues mourir sur terre. Sortes d'éclats de bijou brisé et scintillant, incrustés dans l'asphalte sur environ cinq kilomètres ; cailloux cosmiques et lumineux que suit la poupée aérienne jusqu'au Centre Universitaire Méditerranéen dont Paul Valéry était si fier. 
    A ton linceul étoilé et au parfum de fleur d'orangée que tu donnes, mieux que les héros shakespeariens,  au crépuscule.

Ma Mimi, disparue 145 ans après l'internement de I.P. Semmelweis..."La grâce est pesanteur" (Patrice de La Tour du Pin)
 
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#Posté le samedi 15 mars 2008 04:35

Modifié le jeudi 25 août 2011 11:47

"Azur ! nos bêtes sont bondées d'un cri ! Je m'éveille, songeant au fruit noir de l'Anibe dans sa cupule verruqueuse et tronquée... Ah bien ! les crabes ont dévoré tout un arbre à fruits mous. Un autre est plein de cicatrices, ses fleurs poussaient, succulentes, au tronc. Et un autre, on ne peut le toucher de la main, comme on prend à témoin, sans qu'il pleure aussitôt de ces mouches, couleurs !... Les fourmis courent en deux sens. Des femmes rient toutes seules dans les abutilons, ces fleurs jaunes-tachées-de-noir-pourpre-à-la-base que l'on emploie dans la diarrhée des bêtes à cornes... Et le sexe sent bon. La sueur s'ouvre un chemin frais. Un homme seul mettrait son nez dans le pli de son bras. Ces rives gonflent, s'écroulent sous des couches d'insectes aux noces saugrenues. La rame a bourgeonné dans la main du rameur. Un chien vivant au bout d'un croc est le meilleur appât pour le requin... - Je m'éveille songeant au fruit noir de l'Anibe; à des fleurs en paquets sous l'aisselle des feuilles." (Saint John Perse, Eloges, V)

« Fabre, lorsqu'il a décrit l'application que met le scarabée sacré à malaxer la pilule où il enfermera son oeuf, ajoute curieusement que les organes de cet insecte semblaient le destiner à une toute autre activité, et qu'il n'est rien à quoi il s'entende naturellement plus mal qu'à malaxer et à pétrir. »

(Jean Paulhan, Les Fleurs de Tarbes)

"Azur ! nos bêtes sont bondées d'un cri ! Je m'éveille, songeant au fruit noir de l'Anibe dans sa cupule verruqueuse et tronquée... Ah bien ! les crabes ont dévoré tout un arbre à fruits mous. Un autre est plein de cicatrices, ses fleurs poussaient, succulentes, au tronc. Et un autre, on ne peut le toucher de la main, comme on prend à témoin, sans qu'il pleure aussitôt de ces mouches, couleurs !... Les fourmis courent en deux sens. Des femmes rient toutes seules dans les abutilons, ces fleurs jaunes-tachées-de-noir-pourpre-à-la-base que l'on emploie dans la diarrhée des bêtes à cornes...  Et le sexe sent bon. La sueur s'ouvre un chemin frais. Un homme seul mettrait son nez dans le pli de son bras. Ces rives gonflent, s'écroulent sous des couches d'insectes aux noces saugrenues. La rame a bourgeonné dans la main du rameur. Un chien vivant au bout d'un croc est le meilleur appât pour le requin... - Je m'éveille songeant au fruit noir de l'Anibe; à des fleurs en paquets sous l'aisselle des feuilles." (Saint John Perse, Eloges, V)
                                                                                                                                                         Pic : Jean Marais & Marisa Mell

 
« Marchant de sommet en sommet, ne pas parcourir un sentier seulement jusqu'à la fin... » (Empédocle, De la Nature, 24).
 


I - Penny Lane"Azur ! nos bêtes sont bondées d'un cri ! Je m'éveille, songeant au fruit noir de l'Anibe dans sa cupule verruqueuse et tronquée... Ah bien ! les crabes ont dévoré tout un arbre à fruits mous. Un autre est plein de cicatrices, ses fleurs poussaient, succulentes, au tronc. Et un autre, on ne peut le toucher de la main, comme on prend à témoin, sans qu'il pleure aussitôt de ces mouches, couleurs !... Les fourmis courent en deux sens. Des femmes rient toutes seules dans les abutilons, ces fleurs jaunes-tachées-de-noir-pourpre-à-la-base que l'on emploie dans la diarrhée des bêtes à cornes...  Et le sexe sent bon. La sueur s'ouvre un chemin frais. Un homme seul mettrait son nez dans le pli de son bras. Ces rives gonflent, s'écroulent sous des couches d'insectes aux noces saugrenues. La rame a bourgeonné dans la main du rameur. Un chien vivant au bout d'un croc est le meilleur appât pour le requin... - Je m'éveille songeant au fruit noir de l'Anibe; à des fleurs en paquets sous l'aisselle des feuilles." (Saint John Perse, Eloges, V)
Minouche, la belle.Grande lune famélique et décharnée,
Tu te hisses au-dessus du monde comme je me glisse sous mes draps ;
Je l'écrirai, ne t'en fais pas, ce livre dont tu as tant rêvé.

*

II - Sympathy for the Devil, part 1
Perfides litanies au goût de sueur, de sang et d'alcool.
Vapeurs de thé et de jasmin planant au-dessus de vieux temples enfouis qui s'étiolent :
Nous nous fourvoyons dans les pages jaunies et vieillies de ces livres aux dorures pourries.
C'est le bord, mon ami. Le bord trenchant du vide ; le bord du monde et de la nuit.
Je me suis bien amusé, comme le disait si bien Gary.

*

III - Brain Damage
Nous nous sommes bien aimés ;
Nous avons tout gâché.
Ville morte et lubrique,
Je te dis adieu.

*

IV - Sympathy for the Devil, part 2
Ecrin d'ocre et de verdure suspendu au-dessus de la ville inanimée ;
Bijoux evanescent et surréaliste flottant au-dessus du morne et triste ;
Epais feuillage endiamenté de bruine perlée :
Nous dominons les routes engoudronnées et endormies.

*

V - Annalisa

La nuit mange la lune qui danse sur l'eau.
Sirène de bronze fondue aux barreaux d'une cage ;
Perroquets psychédéliques et épaves marines :
Kaléidoscope d'argent, bonsoir.

*

VI - Let's Dance
Fantomatique sentinelle,
Assoupie dans son voile de flanelle ;

On dit que dans ces cocons luminescents
Qui fleurissent au bord du lac naissant,
Les sylphides soupirent.



Radiohead - No Surprises :
http://www.youtube.com/watch?v=sgzeqwhNTDk


_____________________________________________________________________
Pic : Karina Eibatova fait couler l'univers

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#Posté le samedi 15 mars 2008 04:23

Modifié le samedi 16 juillet 2011 14:53

"Quels que fussent l'heure et le lieu, le crétin se masturbait. Son esprit mort-né ou envolé s'était incarné dans ce morceau de chair stérile, dont il tirait un sperme poisseux et gélatineux. Comme une pompe infatigable, dans un mouvment confus de révérences répétées à l'infini, dans un hommage ému à maître Onan." (Arkadi et Gueorgui Vaïner, L'Evangile du bourreau, 1979).

"Quels que fussent l'heure et le lieu, le crétin se masturbait. Son esprit mort-né ou envolé s'était incarné dans ce morceau de chair stérile, dont il tirait un sperme poisseux et gélatineux. Comme une pompe infatigable, dans un mouvment confus de révérences répétées à l'infini, dans un hommage ému à maître Onan." (Arkadi et Gueorgui Vaïner, L'Evangile du bourreau, 1979).
The Runaways - Dead End Justice : http://www.youtube.com/watch?v=PI3RneGO_ks

___ Dans ma tasse de thé, il y a des buissons étoilés et de minuscules fleurs blanches accrochées à des lianes tâchées de sang. Il y a une jungle cambodgienne et tout au fond, un temple noyé sous un torrent de feuilles liquides ; il y a des singes de pierres et des moines balafrés drapés d'orange et de pourpre. J'y vois un déploiement de statues abîmées par le temps et de ruines sculptées, enveloppées d'un arôme de jasmin et d'un parfum d'éternité fatiguée. Je suis une voyageuse de l'immobile et du virtuel ; j'ai le goût des objets anciens, des cuillers à absinthe poussiéreuses et des carafes cassées : j'ai toujours rêvé de tailler une pipe à un antiquaire.


Pic : Pamela Courson

"Quels que fussent l'heure et le lieu, le crétin se masturbait. Son esprit mort-né ou envolé s'était incarné dans ce morceau de chair stérile, dont il tirait un sperme poisseux et gélatineux. Comme une pompe infatigable, dans un mouvment confus de révérences répétées à l'infini, dans un hommage ému à maître Onan." (Arkadi et Gueorgui Vaïner, L'Evangile du bourreau, 1979).

The National - Runaway : http://www.youtube.com/watch?v=VS2lovVrT54

___ Je suis née dans une tranchée ; dans un cloaque de fausses réussites et de vies gâchées - entre une étoile en robe de satin, un explorateur des cieux, une poupée de porcelaine et un artiste sorcier. J'ai connu des reines de beauté aigries et des modèles vieillis ; des avocats prometteurs et des pilotes samouraïs - j'ai même rencontré un connaisseur de Rocky qui se vantait d'avoir lu tout Balzac et se disait capable d'enseigner la littérature à un camion de déménagement. J'ai vécu avec de vrais aventuriers. Ceux qui ont fait trois fois le tour du monde ; ceux qui sont venu respirer l'air de chaque recoin du globe, ont tout vu et tout vaincu ; ceux qui, dans le fond obscur d'un atelier insalubre, découpaient des morceaux de bois à la scie circulaire ; ceux qui découvraient le Vietnam avec Battlefield : Bad Company 2. Je ne brillerai jamais : je suis une sorte d'erreur.

Bay City Rollers - Bye Bye Baby : http://www.youtube.com/watch?v=WksYJLmo9Cg

______________________________________________________________________________________ Pic : Gustav Adolf Mossa, Cléopâtre
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#Posté le samedi 15 mars 2008 04:53

Modifié le mardi 28 décembre 2010 04:56

"[...] je fus bercé du souvenir des glaces flottantes, des mers brumeuses semblables à du lait, des îles peuplées d'oiseaux qui chantent à leurs heures et qui, prenant leur volée tous ensemble, obscurcissent le ciel." (Ernest Renan, Souvenirs d'Enfance et de Jeunesse, Prière sur l'Acropole, 1883)

  "[...] je fus bercé du souvenir des glaces flottantes, des mers brumeuses semblables à du lait, des îles peuplées d'oiseaux qui chantent à leurs heures et qui, prenant leur volée tous ensemble, obscurcissent le ciel." (Ernest Renan, Souvenirs d'Enfance et de Jeunesse, Prière sur l'Acropole, 1883)
Pic : Annie Girardot         Stereophonics - Just Looking : http://www.youtube.com/watch?v=Xy3T8FmyeE8


___ Je suis assise quelque part sur un bureau en bois vieilli. Des rouleaux de rhum acidulé viennent se fracasser contre les parois cristallisées de mon verre ébréché. Des navires de guerre glacés s'échouent sur le rivage de mes lèvres rosées et l'écume alcoolisée inonde ma bouche. Quand les falaises transparentes qui enclavaient l'océan miniature d'ocre liquide sont asséchées, je colle leur rebord tranchant et tâché de rouge à mon oreille et j'entends la mer. Puis je lâche mon verre qui éclate en mille milliards de particules scintillantes et blessantes sur le marbre d'ivoire. Je me laisse tomber lentement de mon piédestal au sol endiamanté de scories cristallines. Accroché et écorché au coin abîmé du vieux bureau, le voile inférieur de ma robe distille dans la pièce exiguë un parfum que je devrais songer à changer. J'ai mal au crâne. Par la fenêtre close, je vois la lune et l'orage mouillé ; je vois un arbre famélique. Dans la nuit à demi éclairée, on dirait un monstre stupéfié ; tout en bois morne et en ombres pointues ; la mort gantée de feuilles séchées. La vérité, c'est que depuis que je suis hypokhâgneuse, Renan me hante. Bienvenue en Enfer. Eclairée aux bougies pourpres, je regarde Peter Sellers dire - devant les escaliers de Truman Capote, rien que ça ! - à Maggie Smith que David Niven la trompe. Je m'empiffre de chocolat et me noie sous une infinité de lignes alcoolisées au vin blanc. Allongée quelque part sous mon sapin-bijoux, je me dis que Noël sans lui, c'est un peu gerbant. Ou pas. Bah, quinze jours sont vite passés ; profitons-en comme s'ils étaient les derniers. Vive les samouraïs. "C'est ' l'hircocerf ' de la scolastique, condensé d'impossibilités". Laudyce Rétat gâche mes vacances. Fuck. 


The Stranglers - European Female : http://www.youtube.com/watch?v=bCYf2pBdZvg

  "[...] je fus bercé du souvenir des glaces flottantes, des mers brumeuses semblables à du lait, des îles peuplées d'oiseaux qui chantent à leurs heures et qui, prenant leur volée tous ensemble, obscurcissent le ciel." (Ernest Renan, Souvenirs d'Enfance et de Jeunesse, Prière sur l'Acropole, 1883)
      Pic : David Niven & Maggie Smith
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#Posté le samedi 15 mars 2008 04:19

Modifié le jeudi 29 décembre 2011 08:57

«La fée des légendes éternellement jeune !...» dis-je en moi-même. - Et déjà Sylvie avait dégrafé sa robe d'indienne et la laissait tomber à ses pieds. La robe étoffée de la vieille tante s'ajusta parfaitement sur la taille mince de Sylvie, qui me dit de l'agrafer. « Oh ! les manches plates, que c'est ridicule ! » dit-elle. Et cependant les sabots garnis de dentelles découvraient admirablement ses bras nus, la gorge s'encadrait dans le pur corsage aux tulles jaunis, aux rubans passés, qui n'avait serré que bien peu les charmes évanouis de la tante. « Mais finissez-en ! Vous ne savez donc pas agrafer une robe ? » me disait Sylvie. Elle avait l'air de l'accordée de village de Greuze. « Il faudrait de la poudre, dis-je. - Nous allons en trouver. » Elle fureta de nouveau dans les tiroirs. Oh ! que de richesses ! que cela sentait bon, comme cela brillait, comme cela chatoyait de vives couleurs et de modeste clinquant! deux éventails de nacre un peu cassés, des boîtes de pâte à sujets chinois, un collier d'ambre et mille fanfreluches, parmi lesquelles éclataient deux petits souliers de droguet blanc avec des boucles incrustées de diamants d'Irlande ! « Oh ! je veux les mettre, dit Sylvie, si je trouve les bas brodés !» (Nerval, Sylvie)

«La fée des légendes éternellement jeune !...» dis-je en moi-même. - Et déjà Sylvie avait dégrafé sa robe d'indienne et la laissait tomber à ses pieds. La robe étoffée de la vieille tante s'ajusta parfaitement sur la taille mince de Sylvie, qui me dit de l'agrafer. « Oh ! les manches plates, que c'est ridicule ! » dit-elle. Et cependant les sabots garnis de dentelles découvraient admirablement ses bras nus, la gorge s'encadrait dans le pur corsage aux tulles jaunis, aux rubans passés, qui n'avait serré que bien peu les charmes évanouis de la tante. « Mais finissez-en ! Vous ne savez donc pas agrafer une robe ? » me disait Sylvie. Elle avait l'air de l'accordée de village de Greuze. « Il faudrait de la poudre, dis-je. - Nous allons en trouver. » Elle fureta de nouveau dans les tiroirs. Oh ! que de richesses ! que cela sentait bon, comme cela brillait, comme cela chatoyait de vives couleurs et de modeste clinquant! deux éventails de nacre un peu cassés, des boîtes de pâte à sujets chinois, un collier d'ambre et mille fanfreluches, parmi lesquelles éclataient deux petits souliers de droguet blanc avec des boucles incrustées de diamants d'Irlande ! « Oh ! je veux les mettre, dit Sylvie, si je trouve les bas brodés !» (Nerval, Sylvie)
Pic : Pacino & De Niro
Pingaud, ou le bourreau poussiéreux


___«Toute œuvre forme système. Ouverte sur le monde, elle est en même temps close sur elle-même. Faite d'un nombre fini de mots, elle n'accepte ni interruption ni prolongation : le lecteur ne saura jamais ce qui s'est passé avant ni ce qui viendra plus tard, il ne pourra obliger l'auteur à s'expliquer sur ce qui reste dans l'ombre. L'information que l'œuvre lui apporte doit être prise comme un tout indiscutable hors duquel il n'y a rien, sinon d'autres œuvres possibles qui, à leur tour, formeront système.» _____________________________________________________________________________Elis Regina - Águas de Março


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#Posté le samedi 15 mars 2008 04:10

Modifié le samedi 26 novembre 2011 12:12

"Les folles atteintes d'accès de fureur sont enchaînées comme des chiens à la porte de leur loge, et séparées des gardiennes et des visiteurs par un long couloir défendu par une grille de fer ; on leur passe à travers cette grille leur nourriture et leur paille, sur laquelle elles couchent ; au moyen de râteaux, on retire une partie des malpropretés qui les entourent" (Coguel, La Vie parisienne sous Louis XIV, Paris, 1882).

"Les folles atteintes d'accès de fureur sont enchaînées comme des chiens à la porte de leur loge, et séparées des gardiennes et des visiteurs par un long couloir défendu par une grille de fer ; on leur passe à travers cette grille leur nourriture et leur paille, sur laquelle elles couchent ; au moyen de râteaux, on retire une partie des malpropretés qui les entourent" (Coguel, La Vie parisienne sous Louis XIV, Paris, 1882).
Nirvana - The Man who sold the World

___mais il y avait, au point du jour, un truc navrant - plutôt lointain - qui apaisait mon ami. Un bourdon dans un rayon blanc. Ou un rayon dans un bourdon blanc, qui sait ? L'horizon l'avait pris dans son lit. Il, ou plutôt ça, apparaissait toujours lorsqu'un gros bouton d'or astral montait tout là-haut. Mais ça approchait surtout. On supposait qu'il s'agissait d'un truc. Un truc qui volait. Un truc rond, plus furtif qu'un avion. Un truc inconnu, quoi. Ainsi, mon ami s'imaginait qu'il y avait un OVNI au bout du jardin. Tout là-bas. Voilà donc un court instant du matin, plutôt anodin, dont nous aimions nous saisir. Un instant qui poursuivait mon ami jusqu'au fond du bois obscur, dans la nuit. Il poussait alors un profond soupir. Puis, il chantait, assis dans un sofa gris qui glissait sur un sol anormal. Il croyait avoir un sol mouvant. Un sofa flottant aussi. Sous un coussin, il cachait un long bâton mi-azur mi-acajou, odorant. Il vivait dans un cachot noir, froid. Un cachot à trois murs. Il dormait, buvait à tout instant. Il fumait aussi. Pas mal d'opium et d'alcool dans son placard. Au fond du cachot, un aquarium. Dans l'aquarium, un train. Mon ami nourrissait un poisson qui transpirait. Un guppy byzantium qui suintait l'armagnac. Il l'avait pris dans un lagon. Un grand lagon profond qui fascinait Charron – car oui, mon ami voyait la mort. Ou plutôt, il voyait sa mort à lui - son transport final. Au plafond, il y avait un mot - plutôt gros, plutôt gras. Ca faisait fin – fin d'un roman latin. Il lisait à l'occasion. Ou plutôt jamais. Il n'aimait pas ça. Il scrutait parfois la nuit, puis choisissait un mot, au hasard. Un mot dont il ignorait la signification. Un mot qu'il souhaitait voir sur son plafond. Il voulait savoir pourquoi on avait mis un mot sur son plafond. Pas un propos, mais un mot. Il avait l'air fou. Surtout quand on lui parlait d'animaux. Il n'aimait aucun parc, aucun zoo. Il mourut un matin. Ou un soir, qui pourrait savoir ? Il avait pris son vol, ignorant ; mort sous un mot qu'il n'avait jamais vu auparavant.______________________________________________________Pic : Grace Slick

Ouais mais Perec, il avait vachement de talent en fait. aha. Et ça, c'est juste parfait : Jefferson Airplane - Wooden Ships.
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#Posté le jeudi 28 février 2008 09:29

Modifié le lundi 30 août 2010 15:26

"S'il y eut jamais un enfant incorrigible, ce fut le petit Cupidon. C'estoit, à vray dire, un enfant gasté, à qui sa mere trop indulgente ne refusoit rien. Tous ceux de cour celeste luy en venoient faire des plaintes ; Junon disoit qu'elle ne pouvoit gouverner deux jours son mary ; Diane, qu'il luy debauchoit toutes ses nymphes. Il n'y avoit que Minerve à qui il n'osoit se jouer, car elle n'entendoit point raillerie. Venus le menaçoit souvent de lui donner le fouet, sans qu'elle en fist rien, et, pour fortifier sa menace, elle avoit fait tremper des branches de mirthe dans du vinaigre, qui faisoient grand peur au petit Amour. Mais si-tost qu'elle se mettoit en devoir de le chastier, il se sauvoit, à la faveur des Graces, qui l'eussent volontiers mis sous leurs propres juppes, si elles n'eussent point esté nues, et qui le desroboient à la colere de sa mere. Un jour néantmoins qu'elle estoit en mauvaise humeur (je ne sçay si ce ne fut point le jour qu'elle apprit la mort d'Adonis), elle le voulut corriger tout de bon ; et comme, à cause de sa tristesse, les Graces l'avoient quittée, il ne trouva plus son azile ordinaire. Ainsi ce petit dieu alloit mal passer son temps, s'il n'eust eu recours à la ruse ordinaire des enfants, qui, s'enfuyant de leur mere, se sauvent chez leur grand maman. Il se jetta donc à corps perdu entre les bras de Thetis, qui estoit pres de là, et il ne perdit point de temps à se deshabiller, parce qu'il marche ordinairement tout nud. Ses aisles luy ayant servy de nageoires, il arriva dans son palais de cristal, et, parce qu'il faisoit le pleureux, elle le reconforta (suivant la coustume des bonnes vieilles, qui applaudissent à toutes les sottises de leurs petits-enfans) le flatta et luy donna des pois sucrez." (Antoine Furetière, Le Roman Bourgeois).

"S’il y eut jamais un enfant incorrigible, ce fut le petit Cupidon. C’estoit, à vray dire, un enfant gasté, à qui sa mere trop indulgente ne refusoit rien. Tous ceux de cour celeste luy en venoient faire des plaintes ; Junon disoit qu’elle ne pouvoit gouverner deux jours son mary ; Diane, qu’il luy debauchoit toutes ses nymphes. Il n’y avoit que Minerve à qui il n’osoit se jouer, car elle n’entendoit point raillerie. Venus le menaçoit souvent de lui donner le fouet, sans qu’elle en fist rien, et, pour fortifier sa menace, elle avoit fait tremper des branches de mirthe dans du vinaigre, qui faisoient grand peur au petit Amour. Mais si-tost qu’elle se mettoit en devoir de le chastier, il se sauvoit, à la faveur des Graces, qui l’eussent volontiers mis sous leurs propres juppes, si elles n’eussent point esté nues, et qui le desroboient à la colere de sa mere. Un jour néantmoins qu’elle estoit en mauvaise humeur (je ne sçay si ce ne fut point le jour qu’elle apprit la mort d’Adonis), elle le voulut corriger tout de bon ; et comme, à cause de sa tristesse, les Graces l’avoient quittée, il ne trouva plus son azile ordinaire. Ainsi ce petit dieu alloit mal passer son temps, s’il n’eust eu recours à la ruse ordinaire des enfants, qui, s’enfuyant de leur mere, se sauvent chez leur grand maman. Il se jetta donc à corps perdu entre les bras de Thetis, qui estoit pres de là, et il ne perdit point de temps à se deshabiller, parce qu’il marche ordinairement tout nud. Ses aisles luy ayant servy de nageoires, il arriva dans son palais de cristal, et, parce qu’il faisoit le pleureux, elle le reconforta (suivant la coustume des bonnes vieilles, qui applaudissent à toutes les sottises de leurs petits-enfans) le flatta et luy donna des pois sucrez." (Antoine Furetière, Le Roman Bourgeois).
___________ Belle & Sebastian - Like Dylan In The Movies __________________________ Pic : Jean-Gabriel Domergue


VOUS M'ASSASSINEZ MONSIEUR FURETIERE.

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#Posté le samedi 18 septembre 2010 15:13

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